La papesse

Une nuit pour écrire une nouvelle sous double contrainte, voici le seul assujettissement auquel je m’astreins une fois l’an dans le cadre du prix de la nouvelle érotique (https://lesavocatsdudiable.tumblr.com/), le thème était : “un dîner de cons” et le mot final : “commode”. J’ai eu le plaisir de faire parti des 30 finalistes cette année, mais ni lauréate ni dans les textes sélectionnés pour le recueil 2018, l’avantage est que vous n’avez pas besoin de patienter jusqu’à l’impression du dit livre, ma nouvelle est là ! Je vous la livre sans correction, ni modification comme reçu par le jury au petit matin :

Avant chaque événement important elle tirait une carte de son jeu de Tarot, il ne s’agissait pas de lire le futur, mais de synthétiser les présages du présent, avoir une idée de l’atmosphère, de l’ambiance. Dans son travail elle faisait ça aussi, elle lisait les signes, les climats pour pourvoir mettre en lumière les situations et tirer partie du meilleur des circonstances pour les personnes qui lui demandaient son intervention. Elle alla dans sa chambre, tira son jeu de carte de sous son oreiller, elle le battit et en tira une, La Papesse, c’est la femme sage qui transmet son savoir, cela collait parfaitement à la soirée à venir, car elle serait la maîtresse de cérémonie, celle qui donnerait le ton de la petite musique du dîner qu’elle avait organisé pour ces deux couples. Elle se rendit au marché, il faisait beau le soleil était au plus haut c’était le printemps, le temps du renouveau, à cette période son activité battait son plein, les femmes appelaient de toute part pour obtenir un dîner chez elle, elles savaient qu’elles mangeraient bien et que l’issue du dîner était toujours garantie. Alma avait une réputation qui lui suffisait à remplir son agenda de l’automne au printemps, l’été était une période creuse les clientes ne se bousculaient pas durant l’époque chaude de l’année. Elle acheta des asperges, qu’elle proposerait en entrée humectées de vinaigre de Modène, des betteraves rouges qu’elle cuisinerait en soupe froide, des aubergines qu’elle gratinerait au four saupoudrées de parmesan et le clou du repas une tarte au chocolat, mais pour cette tarte elle avait besoin de deux ingrédients qu’elle ne trouverait pas aux Capucins, elle devait se rendre chez son ami Roberto qui lui fournissait ces ingrédients que l’on trouvait qu’en Colombie. Il était presque midi elle trottinait comme elle pouvait avec ses sandales en toile légère et semelle de corde, ses paquets aux bras, évitant les trous des trottoirs, les excréments des chiens, les poubelles déposées au petit bonheur la chance, heureusement le matin elle avait eu la bonne idée de se mettre en robe, elle ne souffrirait pas trop de la chaleur, cette journée était un prémisse de l’été et puis à Marseille on ne connaissait que deux saisons, chaude ou froide, pas de demi mesure, elle filait donc jusqu’à l’immeuble de Roberto, elle ne voulait pas prendre de retard sur la préparation du repas. Elle sonna à l’interphone, il l’attendait et lui ouvrit la porte du bâtiment, elle grimpa les escaliers il habitait le quatrième étage, arrivé au palier du troisième, elle vit Roberto souriant au pas de sa porte, elle monta les dernières marches en le regardant, elle l’admirait, elle le désirait toujours malgré le temps, ils n’étaient plus jeunes tout deux, elle avait franchi les cinquante années et lui les soixante, cela faisait donc désormais vingt ans qu’ils se connaissaient et baisaient ensemble, puisqu’ils avaient baisé dès leur première rencontre. Alma arriva en sueur dans les bras de Roberto, ils s’embrassèrent ou plutôt il l’embrassa car malgré les années elle aimait lui laisser l’initiative, chacune de ses relations avait ses propres règles et dans celle là elle avait décidé qu’elle le laisserait proposer. Il lui proposa, tout d’abord un verre d’eau, elle accepta avec plaisir la chaleur et le désir lui avaient asséché la bouche, elle lui dit qu’elle n’avait pas beaucoup de temps, elle devait se mettre aux fourneaux et préparer le salon pour recevoir ses convives, il la tira vers elle l’embrassa à pleine bouche, fit glisser sa robe à terre, et tout en l’embrassant défit d’une main son soutien gorge, à chaque fois cela la faisait rire intérieurement il était le seul qu’elle connaissait à faire ça, peut être devrait il partager son savoir via un manuel, le soutien gorge rejoignit la robe, il se déshabilla et la culbuta sur le sofa. Pas de préliminaires, ils n’avaient pas le temps, il glissa un doigt entre sa culotte et sa chatte, la caressa, elle soupira comme une sorte de délivrance, enfin il allait la prendre et effacer toutes ses tensions accumulées depuis ce matin, il enfonça un doigt puis ouvra son con de sa queue qui était déjà raide et ce depuis qu’il l’avait vu gravir les marches, elle lui faisait toujours cet effet, son corps appelait le cul, elle avait des seins gros et encore fermes, seules quelques vergetures trahissaient son âge, un cul énorme un peu moins haut que lorsqu’elle avait trente ans mais comme à l’époque elle l’avait au milieu du dos, ça restait encore très bandant et puis son sourire malicieux et ses yeux rieurs on pouvait s’imaginer qu’elle avait toujours un bon mot aux bords des lèvres, il trouva son sexe mouillée du désir qu’elle avait pour lui et puis la vision d’Alma baissée, les mains posées sur le dossier du sofa il ne résista pas à l’appel de son cul et changea d’orifice, elle était tellement humide et excitée qu’elle n’opposa aucune résistance, quelques va-et-vient dans son fondement suffirent à la faire jouir, elle serra ses jambes sous le spasme de l’orgasme, se retint de s’écrouler dans le sofa puis il vient lui aussi, déposa sa semence sur les fesses de son amante. Ils s’embrassèrent et se dirigèrent vers la douche. Une fois habillée elle lui demanda les ingrédients qu’elle était venu chercher, du chocolat en effet le cacao est connu pour ses effets aphrodisiaques et les fèves de Colombie ont la particularité d’être peu amer, d’avoir une couleur une fois transformée qui tire vers le rouge, ce qui est du bel effet pour la ganache de la tarte au chocolat et un autre ingrédient plus particulier celui là mais elle en avait besoin pour s’assurer de la fin de la soirée, des « hormigas culonas » des fourmis à gros derrières, c’est Roberto qui lui avait fait découvrir les vertus de ces insectes callipyges appelés plus raisonnablement en français fourmis coupe-feuille, il suffisait de les mélanger à n’importe quel met pour mettre les sens en feux de celui qui les dégustait. Ils s’embrassèrent, il lui ouvrit la porte, elle dévala les escaliers « Hasta luego guapo !». Enfin chez elle, elle commença par se détendre avec un petit verre de blanc sec, juste ce qu’il fallait pour lâcher prise tout en gardant la tête froide, elle devait œuvrer cet fois à mettre en marche le désir pour les autres maintenant qu’elle avait satisfait le sien. Il y avait les asperges à faire bouillir, la vinaigrette à préparer, deux bols distincts, l’un qui contiendrait de la poudre de « hormigas culonas » et l’autre non, même chose pour la soupe froide de betteraves, deux pichets l’un qui serait nature juste épicé d’un peu de muscade et gingembre alors que l’autre contiendrait le fameux ingrédient sur lequel elle comptait en plus de ses manœuvres pour l’issu de la soirée, elle découpa les aubergines, les plaça dans deux plats, les arrosa d’huile d’olive, écrasa quelques gousse d’ail qu’elle déposa sur les aubergines, elle prépara deux mixtures l’une contenant du parmesan et de la chapelure et à l’autre elle rajouta en plus de ces ingrédients les fourmis en poudre, pour la tarte au chocolat elle procéda différemment et ne fit qu’un seul gâteau, en effet elle se dit que tout le monde avait droit à un dessert. 19:00 on sonnait, Alma ouvrit la porte il s’agissait de Andrée et son compagnon Arslan. Alma connaissait Andrée elles avaient discuté longuement au téléphone sur les motivations qu’elle avait à faire appel à ses services. En effet, elle souhaitait toujours s’assurer du bien fondée de la demande, des motivations, du choix de faire appel à une tiers personne et prévenir du caractère irréversible de la démarche. Elle les accompagna jusqu’à la salle à manger, la table était dressée, quatre assiettes, quatre verres etc. Arslan regardait autour de lui il essayait de comprendre sa venue ici, Andrée lui avait dit qu’ils dîneraient avec des amis chez un chef à domicile, mais ils ne connaissaient pas ces amis et n’avait jamais entendu parler de chef à domicile qui recevait à son domicile, le plus intriguant est qu’Andrée ne lui avait jamais présenté d’amis, elle si possessive habituellement peut-être que leur dernière mise au point avait porté ses fruits et qu’elle s’était décidé à lui faire confiance ? Il observait la salle à manger elle était décorée richement, un mélange peu orthodoxe de babioles asiatiques côtoyant des masques africains, des poupées en bois très colorées, fait étrange il ne s’agissait que de « poupée » mâle, seuls les hommes étaient représentés et accrochés sur le mur. Leur hôtesse allait et venait entre la cuisine située à l’autre bout du couloir et la salle à manger, il l’observait avec attention se demandait quel âge elle avait, elle n’était plus jeune mais son attitude, sa façon de se mouvoir de parler disait le contraire, elle pouvait avoir quarante ou cinquante ans, il ne savait pas, c’était une femme sans âge mais une chose dont il était certain c’est qu’elle était séduisante, elle leur tendit une boisson, une infusion froide de fleurs d’hibiscus « Une boisson pour les amoureux, j’ai rajouté une larme de gin pour vous relaxer de cette fin de semaine. » La sonnerie du téléphone retentit depuis le couloir, Alma se dépêcha d’aller répondre, ce devait être l’autre couple, elle parla au combiné mais la voix était basse, impossible de savoir ce qu’elle disait, elle revint à la salle à manger « Andrée, c’étaient vos amis ils n’arrivaient pas à vous joindre sur votre mobile, ils ont eu une urgence, ils ne pourront pas être là et s’excuse auprès de vous. » Arslan trouvait que le dîner prenait une tournure encore plus étrange, mais cela ne lui déplaisait pas il était en bonne compagnie et ce jus servi à leur arrivée l’avait vraiment détendu, Andrée proposa à Alma de se joindre à eux, ça serait ridicule de ne pas profiter du repas, la table était mise. Alma accepta, elle fit le service et se joignit à eux, Arslan avait apprécié les asperges ainsi que la soupe de betteraves, il goûtait désormais aux aubergines les trouva succulentes et souhaita se resservir, Alma écarta le plat de l’assaut de sa fourchette « Pas celui là, il a du refroidir, ressers toi plutôt là. » elle lui tendit l’autre plat, elle avait fait le service à chaque fois avec deux plats distinctes, c’est vrai qu’il devait être quatre et peut être n’avait elle pas les ustensiles nécessaires pour cuisiner pour quatre, en tout cas son repas était fameux, Arslan se sentait de mieux en mieux, détendu, repus et il se sentait aussi un peu excité, c’était peut être dû à la compagnie de deux femmes ou la chaleur qui régnait dans l’appartement ? Alma leur proposa un digestif avant de servir la tarte au chocolat, il attendait le dessert avec impatience depuis qu’Alma avait dit qu’elle faisait venir son chocolat de Colombie. Alma demanda à Andrée de venir l’aider en cuisine. Andrée la rejoignit, Alma se tourna vers elle, lui demanda comment elle trouvait le dîner, si tout se passait comme elle le souhaitait, alors qu’elle parlait elle tendit sa main vers sa joue et lui caressa le visage « Ne t’inquiète pas. » elle l’embrassa, ce n’était pas compris dans le service mais Alma en avait envie et il n’y avait aucune raison de ne pas joindre l’utile à l’agréable quelquefois, Andrée était une belle femme, la peau mat les cheveux bruns et courts, un physique androgyne des hanches peu marquées, peu de seins, comment résister et puis lors du service elle pensait avoir quelque fois intervertis les plats, elle ne savait plus si c’était les petites fourmis à grosses fesses ou elle, mais son désir était là. Alors, qu’elle se demandait si c’était sa cuisine ou Andrée qui lui faisait de l’effet, Andrée appuya sa main fortement sur son sein, puis plus bas entre ses jambes, elle remua sa main de gauche à droite assez pour exciter Alma qui écartait ses jambes pour donner un accès facile à son bouton et à son plaisir. Arslan apparu à l’embrasure de la porte de la cuisine au moment où Andrée soulevait la robe d’Alma pour la caresser à son aise, à la vue de cette scène son sexe se leva, Alma lui tendit la main, le tira vers Andrée. Arslan était tout contre le dos d’Andrée alors que celle-ci caressait Alma. Ils s’embrassèrent, se caressèrent, mutuellement, chacun leur tour, toute cette tension durant le repas explosait, ils avaient envie les uns des autres. Alma s’écarta un instant, laissa Arslan porter Andrée sur la table de la cuisine, la mettre sur le dos, lui écarter les jambes pour la pénétrer, pendant ce temps, elle se dirigea vers le meuble du couloir tira un tiroir, pris une fiole qu’elle versa dans un verre. Elle retourna à la cuisine, Arslan n’avait pas bougé d’un millimètre et Andrée était tout à son plaisir, elle tendit lui le verre, il le but machinalement, il était occupé à prendre et surtout donner du plaisir, lui qui habituellement jouissait si rapidement sans avoir donner d’orgasme à Andrée, ils avaient la meilleure baise de leur vie dans la cuisine d’une inconnue et il ne voulait rien rater de ce moment. Andrée lui murmura « Jouis ! » il s’exécuta dans un long râle. Alma le recueillit dans ses bras et le dirigea vers la salle à manger et l’allongea sur le canapé, il était un peu étourdie par cet orgasme puissant, elle le laissa et rejoignit Andrée dans la cuisine. « Je veux annuler le contrat, je ne souhaite plus me séparer de lui. » Alma lui répondit qu’elle ne pouvait pas revenir en arrière, qu’elle devait désormais s’habiller et quitter l’appartement, que c’était trop tard. Elle la laissa là et se rendit à la salle à manger, il y avait désormais à la place de Arslan, une petite poupée portant un pantalon noir et une chemise rouge comme Arslan, Alma la prit dans sa main « Tu vas rejoindre tes petits copains, dès ce soir. » Elle avait besoin d’un clou pour épingler sa dernière prise, elle se dirigea vers le tiroir de la commode.

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