Bis repetita placent

Une nuit pour écrire une nouvelle sous double contrainte, voici le seul assujettissement auquel je m’astreins une fois l’an dans le cadre du prix de la nouvelle érotique (https://lesavocatsdudiable.tumblr.com/), le thème était : “ONE MORT TIME”et le mot final : “ENTONNOIR”. Cette année mon texte n’a pas été sélectionné, le thème que j’aborde je le porte depuis un moment et je reprendrai ce texte pour en faire encore autre chose. Je vous le livre avec ses maladresses, sans correction, ni modification comme reçu par le jury au petit matin :

Face au miroir, elle scrutait son visage, ses rides s’étaient marquées, ses cernes creusés, quelques cheveux blancs aussi apparaissaient. Certains matins, elle avait du mal à se reconnaître, où étaient passées ses vingt dernières années ? Elle pencha sa tête en arrière passa ses doigts sous son menton, là où les années se sentent. La maturité. Ses cheveux, malgré quelques fils blancs, étaient épais et longs, d’interminables boucles brunes. Alma, se disait que c’était une sacrée vacherie de se voir vieillir tout de même, alors qu’elle se sentait pleine de vie, prête à tout recommencer chaque jour. Justement, ce soir, elle avait un nouveau rendez-vous, une nouvelle rencontre avec un presque inconnu. Elle y jouerait les mêmes badinages, ceux auxquels elles se prêtaient depuis des mois, dans l’espoir d’une nuit ou d’une vie ? Elle devait s’y rendre juste après sa journée de travail, alors elle se préparait dès maintenant. Elle prit une douche, laissa couler l’eau longtemps sur ses cheveux, en ce moment ils lui demandaient plus de soins, ils s’emmêlaient plus que d’habitude, les coups de brosse n’y faisait rien. Ils avaient leur propre vie, ne respectaient aucune règle, un jour de belles boucles brillantes disciplinées, un autre un tas de mèches indociles qui n’obéissaient à aucune attention, brosse, masque ou huile, ils ne voulaient rien savoir. Elle avait souvent pensé à les couper, d’autant plus qu’avec l’âge le cheveu long, elle trouvait cela incongru, une phrase qu’elle avait entendu enfant des femmes de la famille, mais c’était sa coquetterie, un atout de séduction. Lors de son dernier rendez-vous, l’homme qu’elle avait rencontré, lui avait dit à la fin du repas « Ta chevelure est une jungle dans laquelle j’aimerais me perdre. ». C’était il y a deux jours, un bel homme, il s’appelait Gaspard, elle l’avait observé durant le dîner alors qu’il lui parlait de ses dernières vacances, elle n’écoutait rien de son histoire, seul comptait la petite musique de ses mots, les expressions de son visage, elle essayait de deviner celui qu’il était. Elle le fixait, imaginait ses mains sur ses hanches, puis glissant sur ses fesses. Il devait être beau nu. Ils sont sortis du restaurant, se sont regardés, se sont approchés, l’un face à l’autre, il avait ce regard myope, celui qui regarde à travers, il fixait ses lèvres, elle l’a embrassé, elle voulait le goûter. Ils se sont dirigés vers son appartement. Elle leur donnait toujours rendez-vous dans le restaurant de son quartier, les recevait toujours chez elle, elle aimait être dans son environnement, son décor, cela la rassérénerait d’avoir une constante dans cette succession de rencontres. La porte à peine fermée, elle lui demanda de se déshabiller, elle voulait le voir nu devant elle sans artifices, offert à son désir, elle aimait ce moment, certains étaient à l’aise, d’autres sûrs d’eux, fiers, mais, le plus souvent, ils ne savaient pas comment se tenir, gênés, se sentant vulnérables, nus face à une femme habillée. Lui, n’était pas embarrassé, il bandait déjà, cet ordre simple l’avait excité. Cela lui avait suffi pour avoir une idée de comment elle allait jouir de lui. Elle se déshabilla à son tour. Elle lui demanda de s’asseoir sur le bord du lit, elle prit sa verge dans sa bouche, lui prodigua succions et baisers, tandis qu’une main caressait ses bourses, puis un doigt s’aventura un peu plus loin et s’enfonça, la dureté de son membre et ses gémissements lui assuraient qu’elle ne s’était pas trompé dans son choix. Il jouit. En retour, elle lui demanda de lui rendre la politesse. Il s’y prenait mal, elle n’y tenait plus, elle finit par l’écarter et se caresser. Elle jouit. Il était parti au petit matin comme beaucoup d’autres avant lui, elle n’aurait certainement pas de nouvelle comme tous les autres aussi, elle n’y tenait pas particulièrement. Tous ces amants comme par un enchantement disparaissaient toujours après qu’elle ait couché avec eux. Ils la pressaient de messages, de mails, d’appels avant leur premier rendez-vous, après aussi, tant qu’elle ne les avait pas accueillis dans son lit. Ensuite, la première nuit venait, certains promettaient un appel, un autre rendez-vous, mais ils s’évanouissaient dans la nature, aucune réponse à ses sollicitations comme s’ils n’avaient jamais existé. Après tout, c’était le jeu des amours et des hasards.
Sa journée au travail se déroula comme à son habitude, Alma travaillait dans les assurances, elle trouvait cela drôle de ne jamais savoir de quoi demain serait fait dans sa vie, mais d’être dans les assurances. Le soir venu, elle passa aux toilettes pour passer en revue son apparence devant le miroir. Un peu de poudre pour se rafraîchir le teint, un peu de blush pour la bonne mine, du mascara pour intensifier son regard, qui n’en avait pas vraiment besoin, ses yeux d’un marron profond se suffisaient à eux-mêmes, un rouge aux lèvres, puis venait la question délicate du cheveu, elle avait pris l’habitude au bureau de les attacher, son impressionnante chevelure ne manquait jamais de susciter des commentaires et cela l’agaçait, mais la journée finie surtout avec la perspective d’un rendez-vous, elle leur rendait leur liberté. Un dernier regard au miroir, elle s’en alla. Il avait insisté pour qu’elle le rejoigne dans son quartier, au début un peu déstabilisée elle avait mis du temps à répondre, puis après réflexion elle s’était dit qu’il fallait bien sortir de son terrain de jeu quelquefois. Elle vit Balthazar de loin, assis à la terrasse du café discutant avec les personnes de la table d’à côté, elle marchait vers lui, ses jambes devenaient cotonneuses, son cœur battait la chamade, il l’accueillit avec un sourire malicieux qui finit de la faire fondre. Elle était désormais assise, le rouge aux joues, elle n’avait plus de mot, elle si bavarde habituellement, rompue à l’exercice du premier rendez-vous, ne savait plus quoi dire. Il ne parlait pas beaucoup également. Elle proposa une marche, cette tension lui était insupportable. Ils tournèrent au bout de la rue, il lui demanda s’il pouvait l’embrassait, elle répondit oui. Il lui proposa d’aller à son appartement, elle répondit oui aussi.
De gestes adroits il la déshabilla et la pencha sur le canapé. Ce fut fort, animal, sale. Il la prit comme un dû, ses deux premiers oui, valaient acceptation pour tout ce qui se passerait. Il la fit pleurer, jouir, elle eut le souffle coupé, le râle animal. Puis ce fut doux, il la caressa, l’embrassa, chaque parcelle de son corps ne serait pas épargné. Sa main le long du dos pour effacer les traces de cet échange brusque, confus et heureux. Des baisers, des caresses à nouveau. Il posa sa main sur son cœur, elle le regarda comme si elle le voyait pour la première fois. Sa tête sur son épaule, elle le respira. Ils s’endormirent dans les bras, l’un de l’autre jusqu’au matin. Il lui proposa de prendre leur petit-déjeuner ensemble dans le café où ils s’étaient retrouvés la veille, comme elle était déjà habillée, l’habitude sans doute, elle lui demanda de le rejoindre le temps d’aller chercher des croissants. Elle attendit au café, commanda un allongé, sortit son miroir de poche, se maquilla, essaya de faire quelque chose avec ses cheveux particulièrement récalcitrants ce matin, puis abandonna en se disant qu’ils avaient qu’à faire ce qui leur plaisaient après tout, elle s’en fichait bien, elle était amoureuse, avait passé une nuit merveilleuse, cela ressemblait à un rêve qu’elle voulait sans fin. Il n’était toujours pas arrivé. Elle demanda au serveur s’il avait vu un homme rentrer depuis qu’elle était assise, personne. Elle finit de boire son allongé, mangea son croissant, se maudit d’avoir pensé un instant que c’était de l’amour. Il avait juste trouvé ce prétexte du déjeuner ensemble, pour la faire sortir de chez lui. Il était comme les autres. Cette fois-ci, elle savait où il habitait, elle irait lui dire immédiatement ce qu’elle pensait de lui. Elle grimpa les escaliers, toqua à la porte, restée entrebâillée, elle s’ouvrit. Elle le vit debout, il était figé, il n’était plus qu’une pierre grise d’un seul tenant. Elle hurla, se tourna, se retrouva face à un miroir et vit des serpents s’agiter dans sa chevelure. C’en était trop pour sa raison. Elle regarda le ciel par la fenêtre et se sentit happée par un nuageux entonnoir.

un chaud cacao

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Son existence était simple, correcte, ennuyeuse, les jours se succédaient sans surprise, puis venait le dimanche, elle se rendait à la messe et devait se confesser. Seulement avec cette vie-là, quoi dire ? Alors elle inventait des péchés à dire au curé pour ne pas le décevoir, tous les dimanches elle arrivait avec une petite histoire qu’elle avait pris soin d’inventer durant la semaine. On lui avait parlé des sept péchés capitaux alors elle s’en inspirait sauf le dernier la luxure, elle était vierge, elle n’avait eu ni le temps et ni l’envie de coucher, comme les filles du village disaient. Alors elle parlait au curé de sa jalousie pour la voisine qui possédait un jupon de plus qu’elle ou de la colère qu’elle avait eu en trébuchant dans une mare. Elle s’efforçait de rendre cela plausible pour accomplir son obligation dominicale. Ses parents s’étaient retrouvé dans le besoin et l’avaient placée comme bonne, dans une famille nouvellement installée à la ville voisine. Alma se disait que rentrer à leur service, serait un peu comme rentrer dans les ordres, un sacerdoce, elle allait accomplir son devoir six jours sur sept, le dimanche serait de repos pour rendre visite à la famille et pouvoir se rendre à confesse, inventer encore des vices qu’elle ne possédait pas, mais c’était sans compter la vie qui l’attendait dans l’hôtel particulier où elle se rendait aujourd’hui.
Elle toqua à la porte et fut accueillie par une personne tout de noir vêtue, une voilette sur le visage, il faisait sombre malgré la journée ensoleillée, dans le vestibule de cette grande bastide, son bonjour eut comme toute réponse un « entrez ! » dit d’un ton autoritaire et grave. Alma fut surprise et baissa les yeux le long de la silhouette, elle y trouva des pantalons, elle rougit confuse ne comprenant pas à quel sexe pouvait appartenir son interlocuteur. « Prenez la porte à gauche vous trouverez les cuisines, le personnel vous expliquera le travail qui vous attend, n’empruntez plus cette entrée elle nous est réservée ainsi qu’aux invités. » Elle dut s’habituer à l’obscurité pour voir la porte qu’on lui avait indiquée, elle se dirigea vers un point clair au fond de ce grand couloir, de loin, elle entendait des bruits, comme des petits cris étouffés, des plaintes, plus elle se rapprochait de la lumière de ce qui devait être la cuisine, plus les cris se faisaient clairs et lui rappelaient ceux qu’elle entendait au milieu de la nuit alors que les parents pensaient les enfants profondément endormis, ces mêmes gémissements qui se terminaient neuf mois plus tard par un nouveau venu avec qui elle devait partager l’espace de la seule et unique pièce de la ferme. Elle trouva la porte entrebâillée, assez pour voir une scène qu’elle avait mainte fois imaginée sans l’avoir vue, une femme penchée sur une grande table les seins écrasés sur la farine, les jupes retroussées jusqu’aux épaules et un homme collé au bas de son dos gesticulant d’avant en arrière, tous les deux rouges, suants et se donnant du mal au vu des cris qui leur échappaient. Elle regardait interdite et troublée, c’était donc ça coucher ?! Ils continuèrent bien cinq bonnes minutes, l’homme émis un râle, la femme un soupir de soulagement, il baissa ses jupes lui tapota le cul, elle se redressa, se tourna vers lui, voulu l’embrasser, il l’évita « pas maintenant, j’ai des patientes à voir et toi du thé à servir au salon, à ma femme. » Il ouvrit la porte et trouva Alma, il la salua « Bonjour, tu dois être la petite nouvelle, rentre, c’est bien par là. » et s’en alla d’un pas décidé qui retentissait dans le couloir. Elle entra dans les cuisines, une grande pièce chaude où se mêlaient les odeurs de viande, de miel, de beurre frais, de lait, d’épices et d’herbes fraîchement coupées, la femme précédemment détroussée sur la table se tenait face à elle désormais, encore un peu cramoisie, les yeux embués, des larmes qu’on sentait poindre « Bonjour, moi c’est Garance, je suis la cuisinière de la maison depuis dix ans, je suis la plus ancienne, je les ai toujours suivis dans tous leur déplacement. Tu es là pour le ménage, servir les repas, aider Madame à s’habiller et t’occuper des enfants, mais ceux-là ils sont grands, c’est juste qu’ils veulent pas les envoyer en pension comme font tous les autres, alors ils ont une personne qui les éduque à la maison. Enfin, tu verras, y’a pas que ça qu’ils font pas comme les autres. » Elle dit tout cela d’un ton neutre, rapide, malgré les pleurs prêts à jaillir elle avait sûrement l’habitude de déballer son boniment depuis dix ans et les nombreuses embauches. « Je te montre ta chambre, tu déposes tes affaires et tu reviens servir le thé à Madame avec moi, je te présenterai comme ça. C’est quoi ton nom déjà ? ».
Elles trouvèrent Madame au salon discutant avec la personne qui avait ouvert la porte à Alma un peu plus tôt. La jeune fille tenait le plateau maladroitement, toute cette belle vaisselle et puis Madame qui était aussi splendide que le salon, le teint d’ivoire, les traits fins, une épaisse chevelure rousse, longue et lâchée seul détail naturel qui jurait avec la sophistication de sa mise. Madame s’excusa auprès de la personne assise près d’elle pour saluer la nouvelle venue Alma, c’est cela ? Charmant ce prénom, votre mère est une ancienne artiste de cirque m’a-t-on dit dans votre village. J’espère qu’elle vous aura appris les bonnes manières tout de même. On m’a parlé également de vos talents de pâtissière, cela nous changera Des desserts insipides de Garance. Vous nous ferez une crème au chocolat pour demain midi, notre ami.e Paul.e nous a ramené du cacao de son voyage aux Amériques, ça sera parfait ! Vous pouvez disposer..
Garance lui tendit un seau rempli de tout le nécessaire pour le ménage et l’envoya faire l’étage. Alma monta l’escalier principal en prenant soin de ne pas faire de bruit, elle redoutait de croiser l’« ami.e Paul.e » qui lui dirait sans doute qu’elle n’avait rien à faire ici. Elle entreprit de faire les pièces aux portes ouvertes, les salles de bain, la salle de jeu, la chambre de Madame, celle de Monsieur, une fois fini elle se planta au milieu du couloir son seau à la main, elle regardait les deux portes closes au fond, ça devait certainement être les chambres des enfants de la maison. Elle s’approcha d’une porte, l’ouvrit précautionneusement, la vision qui se présenta à elle la stupéfia, une jeune fille, de son âge certainement, assise sur le lit les jambes ouvertes son sexe duveteux exhibé, écarté, un objet enfoncé dans sa fente. Elle referma la porte aussitôt, son cœur battait la chamade. Poussée par la curiosité et la sensation agréable que cette vision lui avait procurée, elle rouvrit la porte doucement. Elle était toujours là, nue, le rouge aux joues, les yeux fermés une main serrant un sein, une autre tenant un appareil relié à un fil électrique qui émettait un brondissement. Elle tenait fermement cet objet entre ses cuisses, ses hanches se balançaient d’avant en arrière, elle se mordait la lèvre inférieure, les narines dilatées, les muscles tendus jusqu’à la pointe des pieds. Alma était troublée, c’était violent et excitant à la fois, elle sentait le bas de ses reins se réchauffer, ses tétons pointer, une contraction en bas de son ventre, elle ne put empêcher sa main de tenir ses parties intimes et commencer à frotter le tissu de son jupon contre son sexe pour prolonger et accentuer cette émotion agréable. La jeune fille retira l’objet de son entrejambe et un flot jaillit de sa fente, Alma, surprise, referma aussitôt la porte.
Elle était fortement émue.
Il lui restait tout de même une chambre à faire, cette fois-ci, elle décida de regarder par la serrure savoir si la pièce était libre. La scène qu’elle vit la stupéfia, un jeune homme écartelé au milieu de la pièce, chevilles et poignets encordés, se tenait près de lui l’« ami.e Paul.e » une badine à la main. Ses poignets furent libérés « Penche-toi ! Écarte bien les jambes, cette foi- ci j’ai pris un diamètre au-dessus, tu verras après ça tu pourras recevoir n’importe quoi. » cette phrase fut accompagnée d’un bon coup sur les hanches. Alma vit l’« ami.e Paul.e » de son autre main enfoncer une forme oblongue noire derrière le jeune homme, plus son bras s’activait, plus les fesses qui devaient recevoir l’objet noir se cambraient. Il émettait des râles de douleurs ou de plaisir, on ne saurait le dire. L’« ami.e Paul.e » cessa ses va-et-vient, se mit à genoux devant le sexe du jeune homme et l’enfonça dans sa bouche. Un long gémissement, grave et profond s’échappa du jeune homme. Alma était toute bouleversée, elle sentit soudain une main sur son épaule, se releva et se trouva face à Monsieur « la curiosité est une qualité quelquefois, mais cela ne doit pas te faire oublier ton travail, mon bureau a besoin d’être dépoussiéré. Suis-moi. ».
Alors qu’elle descendait l’escalier devant Monsieur, le visage empourpré elle s’inquiétait de savoir si elle allait se faire renvoyer. Elle entra dans le cabinet, Monsieur ferma la porte derrière eux, il s’assit à son bureau. Alma épousseta la bibliothèque, les différents bibelots, meubles, derrière un paravent se trouvait une table, un petit chevet et rangé dans une boîte le même objet qu’elle avait vu dans la main de la jeune fille, elle le prit, c’était lourd en métal, un manche qui terminait une forme cylindrique, au milieu de ce rond une tige enveloppée de caoutchouc, elle appuya sur un bouton et l’ustensile se mit à bouger, surprise elle cria et le fit tomber. Monsieur, vêtu d’une blouse blanche, se tenait près du paravent et avait assisté à la découverte d’Alma, « Ce n’est rien, tu te demandes certainement ce que c’est. Vois-tu les femmes souffrent pour la plupart surtout en vieillissant, ou jeunes si elles ne se marient pas, d’un mal terrible qui les rend ingérables, et le seul moyen que nous autres docteurs avons trouvé pour les guérir et contrôler leurs humeurs, est de pratiquer des massages intimes afin de les soulager de leur hystérie. Ces massages sont prodigués à la main depuis des siècles, mais cela prend du temps, heureusement le progrès électrique est là. Il y a des machines à coudre pour vous mesdames et nous, nous avons désormais cet objet : le marteau de Granville ! C’est plus efficace, un instrument que j’ai ramené de mon dernier voyage en Angleterre, c’est un médecin qui l’a inventé, il permet un soulagement plus rapide de l’hystérie. » Et alors qu’il expliquait cela, il s’avançait vers elle, lui prit l’engin le posa sur le chevet, mit ses mains autour des hanches d’Alma la souleva et l’assit sur la table d’examen. « Vois-tu la curiosité est naturelle surtout à ton âge, tu n’es pas encore mariée, il me semble, tu m’as l’air fiévreuse, je pense que ton état mériterait un examen plus approfondi. » Alors qu’il parlait sa main glissait de ses hanches à sa cuisse, puis à l’intérieur de la cuisse. Vois tu, je veux m’assurer que mon personnel soit heureux, épanoui, content de travailler pour moi.Alors comme je m’assure que tu es heureuse, je pense qu’en échange, tu peux me rendre la même chose. Sa main se trouvait désormais entre ses jambes. Alma ne bougeait plus. Quelqu’un tapait à la porte. Il la souleva à nouveau pour la déposer au sol « Va-t’en ! On doit se demander ce que tu fais. ».
Le soir, allongée dans son lit, elle n’arrivait pas à trouver le sommeil, toutes ses questions et ses émotions se mêlaient. Elle revivait cette première journée, c’était un vrai remue ménage dans sa tête. Au petit matin, après une nuit d’insomnie, ce fut la colère de sa situation qui prévalait, sa famille et elle avaient besoin de cet emploi qui payait plus que les autres maisons, elle ne pouvait pas partir.
Elle se dirigea à la cuisine, et une fois son petit-déjeuner pris elle s’occupa du dessert à préparer pour midi. Elle resta seule un instant, ce fut suffisant pour sortir de sa poche le paquet qu’elle avait préparé le matin tout exprès, l’ingrédient qui rendrait cette crème au chocolat particulière. Le matin au-dessus de son pot de chambre, elle avait pensé, à l’« ami.e Paul.e » qui avait affiché son mépris en lui ouvrant la porte, à Garance qui s’imaginait au-dessus du personnel de maison, car elle était fidèle comme une chienne envers son maître, à Madame qui avait remis en question son éducation à cause de son prénom pas du coin, à ces gosses privilégiés qui n’avaient rien à faire de leur journée à part se branler, à Monsieur et sa bite qui guérissait les femmes et qui pensait que payer du personnel donnait un accès illimité à tout leur corps. Tous, ils ne valaient pas plus que ce qu’elle expulsait tous les matins, alors le mélanger au dessert serait un juste retour quand ils avaleraient.
Ils avaient tous trouvé le dessert délicieux.
Elle allait en avoir des choses à raconter au curé dimanche prochain.

Conseils de Saraghina aux jeunes hommes

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N’ayez pas peur des fluides. Sueurs, règles et autres humeurs ne sont que l’expression des corps dont vous allez devoir prendre soin.

♣️Passez au moins dix minutes une courgette enfoncée dans votre bouche, avant de réclamer une gorge profonde à qui que ce soit.

♣️Ne choisissez pas comme mot de sûreté Hexakosioihexekontahexaphobie. Au moment critique, la peur du nombre 666 ne sera d’aucune utilité pour mettre fin à vos sévices.

♣️Ne prétextez pas une soirée entre camarades devant un match de balle ou une migraine lorsque votre maîtresse aura ses menstrues, mettez-y la langue vous verrez c’est délicieux.

♣️Retirez bien votre cagoule à la fin d’une séance de jeu avec votre partenaire avant de prendre congé, les passants effrayés pourraient deviner vos passes temps intimes ou appeler les forces de l’ordre.

♣️N’apportez pas savon et gant de toilette si l’on vous demande de vous mettre à genoux pour vous prodiguer une goldenshower, votre maîtresse ne prévoit pas de vous laver.

♣️Écartez bien les jambes si elle vous demande de vous pencher cela vous permettra de garder l’équilibre et ne pas vous vautrer lorsqu’elle vous corrigera fermement.

♣️N’omettez pas de demander l’autorisation avant de venir, surtout si vous souhaitez en foutre partout, puis de bien nettoyer après.

♣️Évitez de faire couler la cire sur votre torse nu durant les dîners en ville alors que vous serez attablé avec des convives, cela mettrait tout le monde mal à l’aise.

♣️Prenez bien soin de laver votre orifice chaque soir lors de votre douche, rien de plus désagréable que de prodiguer une fleur de lotus à un derrière sale.

♣️Ne ramenez pas les tendeurs sandow de votre vélo si elle vous demande de prévoir des liens pour le prochain rendez-vous.

♣️Un doigt dans le fondement n’a jamais fait de mal à qui que ce soit, fermez les yeux et pensez à la patrie lorsqu’elle vous l’enfoncera.

♣️Et surtout, ne lisez plus aucun conseil ou manuel, partez à la découverte de votre sexualité, écoutez vous, faites vous plaisir et assumez vous, même si vous êtes vanille.

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Namio Harukawa

La papesse

Une nuit pour écrire une nouvelle sous double contrainte, voici le seul assujettissement auquel je m’astreins une fois l’an dans le cadre du prix de la nouvelle érotique (https://lesavocatsdudiable.tumblr.com/), le thème était : “un dîner de cons” et le mot final : “commode”. J’ai eu le plaisir de faire parti des 30 finalistes cette année, mais ni lauréate ni dans les textes sélectionnés pour le recueil 2018, l’avantage est que vous n’avez pas besoin de patienter jusqu’à l’impression du dit livre, ma nouvelle est là ! Je vous la livre sans correction, ni modification comme reçu par le jury au petit matin :

Avant chaque événement important elle tirait une carte de son jeu de Tarot, il ne s’agissait pas de lire le futur, mais de synthétiser les présages du présent, avoir une idée de l’atmosphère, de l’ambiance. Dans son travail elle faisait ça aussi, elle lisait les signes, les climats pour pourvoir mettre en lumière les situations et tirer partie du meilleur des circonstances pour les personnes qui lui demandaient son intervention. Elle alla dans sa chambre, tira son jeu de carte de sous son oreiller, elle le battit et en tira une, La Papesse, c’est la femme sage qui transmet son savoir, cela collait parfaitement à la soirée à venir, car elle serait la maîtresse de cérémonie, celle qui donnerait le ton de la petite musique du dîner qu’elle avait organisé pour ces deux couples. Elle se rendit au marché, il faisait beau le soleil était au plus haut c’était le printemps, le temps du renouveau, à cette période son activité battait son plein, les femmes appelaient de toute part pour obtenir un dîner chez elle, elles savaient qu’elles mangeraient bien et que l’issue du dîner était toujours garantie. Alma avait une réputation qui lui suffisait à remplir son agenda de l’automne au printemps, l’été était une période creuse les clientes ne se bousculaient pas durant l’époque chaude de l’année. Lire la suite “La papesse”